Septembre. Les vacances sont derrière nous, les jours commencent doucement à raccourcir et 33iso reprend son rythme habituel.
Voici une nouvelle saison qui commence. Les articles reprennent au début du mois de septembre et se succèdent jusqu’au mois de juin, avant une pause estivale.
Avant de commencer cette nouvelle saison, j’ai donc eu envie de regarder un peu dans le rétroviseur.
Qu’avons-nous raconté ici la saison dernière ?
Beaucoup de choses, évidemment. Du matériel, de la macro, du minimalisme, de la photographie de rue, des voyages, des réflexions plus générales sur la photographie…
Mais en parcourant à nouveau ces articles, je me suis aperçu qu’un fil conducteur apparaissait assez clairement.
Et finalement, c’est peut-être celui qui définit le mieux 33iso aujourd’hui : apprendre à regarder.
Voici donc une sélection, forcément subjective, des articles qui ont marqué la saison dernière.
Apprendre à regarder autrement
S’il ne fallait retenir qu’une famille d’articles, ce serait probablement celle-ci.
Dans Photographier le banal : apprendre à voir ce que tout le monde ignore lire l’article, je partais d’une idée très simple : nous pensons trop souvent qu’une bonne photographie nécessite un bon sujet.
Un paysage spectaculaire, une architecture extraordinaire, une lumière exceptionnelle…
Pourtant, certaines de mes photographies préférées sont réalisées à quelques kilomètres de chez moi, parfois même depuis ma voiture.
Une feuille dans l’eau, une ombre sur un mur, un reflet sur une vitre peuvent parfaitement devenir des sujets photographiques.
Tout dépend de ce que nous en faisons.
C’est probablement l’une des idées que j’ai le plus envie de développer cette année sur 33iso : le monde ordinaire est une matière photographique extraordinaire pour celui qui apprend à l’observer.
Cette réflexion se prolongeait d’une autre manière dans L’abstraction nette en photographie lire l’article.
Cette fois, il ne s’agissait même plus vraiment de photographier les objets, mais de les oublier.
Une ombre, une ligne, une trace de pneu ou une surface industrielle deviennent des formes. En supprimant le contexte, le réel peut progressivement basculer vers l’abstraction.
Ce genre d’exercice me plaît énormément parce qu’il oblige à regarder différemment ce que nous avons sous les yeux.
Trouver son propre langage
Plusieurs articles de la saison ont également tourné autour d’une question qui m’intéresse depuis longtemps : le style.
Pourquoi reconnaît-on parfois immédiatement le travail d’un photographe ?
Dans On fait toujours la même photo lire l’article, je partais d’un constat assez amusant fait en parcourant mes propres archives. Malgré la diversité des sujets que je photographie, certaines constructions, certaines couleurs, certaines manières d’utiliser l’espace ou la lumière reviennent constamment.
On croit changer de sujet.
Mais on emporte toujours son regard avec soi.
Cette réflexion rejoint évidemment Créer sa signature visuelle lire l’article, mais aussi les différents articles consacrés au style publiés sur le site.
Je reste convaincu que le style photographique ne se décide pas vraiment.
Il apparaît.
À force de photographier, certaines choses nous attirent tandis que d’autres nous laissent indifférents. Nous cadrons d’une certaine manière. Nous aimons certaines lumières, certaines couleurs, certaines focales.
Progressivement, quelque chose se dessine.
Et c’est probablement beaucoup plus intéressant que de chercher artificiellement à devenir original.
Se donner des contraintes
Paradoxalement, posséder moins de possibilités peut aussi nous aider à progresser.
C’était l’idée de Choisir une focale… et s’y tenir lire l’article, illustré avec le Fujifilm X100VI.
Un seul appareil. Une seule focale.
Au début, la contrainte peut sembler frustrante. Puis quelque chose se produit : on cesse de réfléchir au matériel.
On commence à connaître son cadre avant même de porter l’appareil à l’œil.
On se déplace.
On anticipe.
Et surtout, on regarde davantage.
C’est une expérience que je conseille régulièrement, même à ceux qui possèdent plusieurs objectifs : partir photographier pendant quelques heures avec une seule focale.
Vous ne ferez peut-être pas toutes les photographies que vous auriez pu faire.
Mais celles que vous ferez seront probablement plus réfléchies.
Continuer à explorer la macrophotographie
Évidemment, impossible de résumer une saison de 33iso sans parler de macrophotographie.
Elle accompagne mon travail depuis tellement longtemps qu’elle est devenue une sorte de laboratoire photographique.
Nous avons parlé de matériel avec Comment choisir un objectif macro lire l’article, mais certains des articles auxquels je suis le plus attaché sont justement ceux qui s’éloignent de la technique pure.
Dans Récit d’une sortie macro : trouver la bonne photo lire l’article, j’ai essayé de raconter non pas une méthode, mais la naissance d’une image : marcher, observer, essayer, se tromper et finalement rencontrer une photographie.
La macro l’hiver lire l’article explorait une autre idée : continuer à regarder lorsque les sujets les plus évidents ont disparu.
Puis, quelques semaines plus tard, Le printemps : le retour de la saison macro lire l’article marquait le retour des fleurs, des insectes et, surtout, l’envie de remettre le nez dans l’herbe.
Car photographier un insecte ou une fleur n’est finalement pas très différent de photographier une rue.
Il faut observer.
Comprendre la lumière.
Trouver son point de vue.
Et être disponible lorsque les éléments se mettent en place.
L’échelle change, pas nécessairement le regard.
Voyager sans collectionner les cartes postales
Le voyage a également occupé une place importante.
À Rome voir Rome avec un regard de photographe comme à Prague photographier sans ralentir le voyage, j’ai essayé de raconter une manière de voyager avec un appareil sans transformer le séjour en reportage photographique permanent.

C’est une question qui me semble importante.
Lorsque nous arrivons dans une ville célèbre, nous avons tous en tête des centaines d’images déjà vues. Le Colisée est le Colisée. Le pont Charles est le pont Charles.
Comment produire sa propre photographie d’un lieu photographié des millions de fois ?
Je n’ai évidemment pas de recette.
Mais je crois de moins en moins à la nécessité de tout photographier.
Une lumière, un passant, un détail architectural ou une scène quotidienne peuvent parfois raconter davantage notre voyage que le monument devant lequel tout le monde s’arrête.
Là encore, il s’agit moins de chercher l’image que d’être disponible lorsqu’elle apparaît.
Et le matériel dans tout ça ?
Rassurez-vous, je n’ai pas complètement cessé d’être un photographe atteint de curiosité matérielle.
Cette saison aura aussi été celle des essais et des interrogations autour du matériel.
Il y a eu le firmware 2.0 du Nikon Z6III lire le bilan de la mise à jour, le Nikon 35 mm f/1,4, le Nikkor Z 50 mm f/1,8 S lire le test à long terme, le surprenant Viltrox 20 mm f/2,8 Z lire le test et, bien sûr, le Fujifilm X100VI lire le test.


En ce qui concerne la Macro/proxi, j’ai aussi eu la chance de tester le Tamron 90mm Lire le test
J’aime toujours tester du matériel.
Et je continuerai.
Mais plus le temps passe, plus une évidence s’impose : un appareil est intéressant lorsqu’il change quelque chose à notre manière de photographier.
Une meilleure définition ou quelques images par seconde supplémentaires ne changeront probablement pas notre regard.
Une focale inhabituelle, un appareil suffisamment petit pour nous accompagner partout ou, au contraire, une contrainte technique peuvent le faire.
C’est sous cet angle que j’ai de plus en plus envie de parler du matériel sur 33iso.
Une photographie de plus en plus technologique… et de plus en plus humaine
Enfin, Que devient la photographie en 2026 ? lire l’article permettait de prendre un peu de hauteur.

En six ans d’existence de 33iso, le paysage photographique a énormément changé.
Le reflex a quasiment disparu. Les autofocus reconnaissent désormais les yeux d’un oiseau. Les appareils sont devenus d’impressionnantes caméras vidéo. L’intelligence artificielle permet d’effacer, d’inventer ou de reconstruire des éléments d’une image en quelques secondes.
Techniquement, nous n’avons probablement jamais disposé d’outils aussi performants.
Et pourtant, une partie de la photographie contemporaine semble regarder dans la direction opposée.
Retour de l’argentique, succès des appareils à l’ergonomie traditionnelle, simulations de films, objectifs imparfaits, filtres de diffusion…
Comme si nous cherchions à réintroduire de l’imperfection dans des outils devenus presque trop parfaits.
Ce paradoxe me passionne.
Parce qu’au bout du compte, toute cette technologie nous ramène à une chose extrêmement simple.
Un photographe face au monde.
Une nouvelle saison
Voilà donc pour cette petite rétrospective.
En sélectionnant ces articles, je me rends compte que 33iso a progressivement évolué. Lorsque j’ai créé ce site, j’avais surtout envie de parler de photographie. Aujourd’hui, j’ai davantage envie de parler du regard photographique.
Cela n’empêchera évidemment pas les tests de matériel, la macro, le paysage, les voyages ou les articles techniques. Tout cela fait partie de ma pratique et continuera à nourrir le site. Mais cette nouvelle saison devrait aussi laisser davantage de place à une photographie plus personnelle. Je m’intéresse de plus en plus à ce qui semble discret, banal, parfois invisible.
Une trace.
Une lumière.
Une silhouette.
Un détail auquel personne ne prête attention.
Ces choses minuscules peuvent parfois raconter beaucoup plus que leur apparence ne le laisse penser. C’est probablement ce que je cherche depuis longtemps sans l’avoir toujours formulé ainsi. Alors pour cette nouvelle saison, nous allons continuer à parler de photographie. Mais surtout, nous allons essayer de regarder.
Et de voir ce que les autres ne voient pas toujours.











Bravo pour ce récapitulatif qui a bien aidé ma mémoire.
Amitiés
Merci Jean 🙂