Que va devenir la photo en 2023 et dans les années à venir ? Bien malin celui qui pourrait le prévoir.

Le marché de la photo numérique a connu de nombreux changements au cours des dix dernières années. Il y a dix ans, les appareils photo reflex numériques étaient les fleurons de l’industrie et dominaient le marché. Le salon de la photo annuel de Paris était plein à craquer. Le marché de l’édition consacré à l’apprentissage photographique se portait bien 😃😃😃. Beaucoup voulait apprendre la photo, faire des photos, des tirages…etc.

Quelques années plus tard, la situation est bien différente. Avec l’évolution des technologies et l’avènement des smartphones dotés de caméras plus qualitative, de plus en plus de gens ont commencé à utiliser leur téléphone pour prendre des photos au lieu d’utiliser un appareil photo dédié.

Cette tendance a entraîné une baisse significative des ventes d’appareils photo. Cependant, il y a également un autre effet important à prendre en compte : l’utilisation croissante des smartphones a entraîné une diminution de l’intérêt pour l’apprentissage de la technique de la photographie. Il est plus facile que jamais de prendre des « photos de qualité » avec un smartphone, grâce aux nombreuses fonctionnalités automatisées, aux applications de retouche photo disponibles et aux fonctions d’intelligence artificielle de plus en plus présente.

Le smartphone a-t-il tué la photo ?

Il est vrai que les smartphones sont devenus des outils incroyablement performants pour la capture d’images, mais ils ne remplacent pas les compétences et la compréhension des principes de base de la photographie. Les photographes professionnels et amateurs qui souhaitent vraiment se démarquer et créer des images percutantes, doivent continuer à apprendre et à s’améliorer en matière de technique de composition, de prise de vue en mode manuel et de gestion de la lumière. Bien sûr, il est possible de la faire avec un smartphone, mais le résultat ne sera jamais comparable avec un appareil photo (enfin pour l’instant, c’est toujours le cas).

Je tiens à signaler que je n’ai absolument rien contre ceux qui photographie avec un téléphone. Il est possible d’obtenir de fantastiques résultats. Cependant, les images seront difficilement comparables avec un appareil plein format par exemple. Pour moi, c’est surtout l’expérience qui sera différente. Car même si demain les smartphones sont capables d’accueillir des grands capteurs, je préfèrerai toujours un vrai appareil, juste pour les sensations.

Le gros coup dur à mon avis a été le passage du covid (oui, je sais LA covid). Les photographes en herbes (ou pas) ne pouvaient plus sortir pendant de longs mois. Du coup, beaucoup sont passés à autre chose : Netflix principalement 😃🤣😃👌.

Le Covid a eu un autre effet pervers : la pénurie de matière première et la perturbation des chaînes de fabrication en usine (surtout celles en Asie où la plupart du matériel photo est fabriqué). Pendant longtemps, il a été plus compliqué d’acheter du matériel, et les grands constructeurs ont sorti moins de nouveautés. C’est d’ailleurs dans ce genre de situation qu’on peut mesurer l’importance du marketing et de l’annonce de nouveautés technologiques dans l’intérêt du public pour la photo.

L’émergence des « photophones » a aussi probablement influencé les fabricants à s’adapter en développant les hybrides pour rivaliser en termes de portabilité (même si on est loin du compte) et d’analyse d’image en direct. Le problème des hybrides est lié (pour moi) à la transition. Tous les photographes qui ont commencé la photo avant 2020 avaient des objectifs dédiés au reflex. Le fait de changer de monture (même si les objectifs reflex peuvent s’adapter) a été un choix radical. Les photographes débutants ou les moins investis ont pu être découragés par le fait de racheter un nouveau boitier, mais aussi de nouvelles optiques. Je rappelle qu’au passage tout le monde a augmenté ses prix et toutes les marques ont abandonné le reflex.

Plein format pro Nikon Z9 : 5999 €
Plein format canon R6II 2899 €
Capteur APS-C fuji xt5 : 1999 €

Un autre facteur qui a contribué à la baisse des ventes d’appareils photo est l’augmentation de la disponibilité et de la qualité des applications de retouche photo pour les smartphones. Les utilisateurs peuvent désormais corriger facilement les défauts de leurs images sur leur téléphone, sans avoir besoin d’un ordinateur ou d’un logiciel de retouche coûteux. Comme vous le savez peut-être, je suis formateur et je constate régulièrement que c’est un gros blocage chez bon nombre de photographes : ils veulent bien apprendre la technique, comprendre comment fonctionne un appareil, mais quand il s’agit de passer du temps derrière un écran à cerner toutes les arcanes des logiciels de développement, c’est une autre histoire.

Luminar est sans doute le logiciel qui utilise le plus l’intelligence artificielle. Peut-être un bon moyen pour développer ses raw lorsqu’on ne souhaite pas passer trop de temps sur son ordinateur.

La photo est en crise. On peut percevoir cette faillite dans la baisse des ventes de matériel, de livres et de la presse. Certains, comme l’excellent magazine Le Monde de la Photo ont même mis la clé sous la porte. C’est bien dommage.

Le tableau peut sembler bien noir, mais envisageons les choses autrement : la photographie est en train de se transformer. Pour ma part, je suis très impressionné par les nouvelles possibilités technologiques. Difficile de prévoir de quoi les prochaines années seront faites.

La photographie se démocratisera-t-elle encore plus ?

Deviendra-t-elle au contraire la niche gardée d’une élite voulant continuer à investir dans du matériel de qualité comme il y a quelques dizaines d’années ?

Wait and see

6 commentaires

  1. Bonjour,
    Un article très intéressant qui interpelle l’amateur que je suis.
    Oui l’ évolution des technologies a toujours été un élément important ( essentiel ? ) du choix d’ un bon matériel pour le photographe … en fonction de ses moyen financiers faut – il souligner.
    Mais au delà de toutes ces considérations il y a un élément essentiel, je pense, qui n’ est pas approché :
    LE PLAISIR !
    Le plaisir de photographier et tester de vieux objectifs des années ’50 , ’60 … sur un boitier moderne grâce à une bague d’ adaptation éventuellement.
    J’ utilise des boitiers Pentax depuis 1968 ( auparavant un boitier Praktica ) Actuellement je me sers principalement des K5 et K1 MarkII sur lesquels je monte diverses optiques anciennes ( Hélios, Pentax -A, Meyer Görlitz, Carl Zeiss Jena, … )
    Les résultats sont parfois bluffants dès le départ et un passage sur Lightroom pour  » sublimer  » la qualité de l’ image permet souvent d’ obtenir de magnifiques photos.
    Beaucoup de gens admirent toujours ces images anciennes réalisées par de grand noms de la photographie mais oublient souvent qu’ elles on été faite avec le matériel de l’ époque qui n’ offrait pas l’ immense choix actuel !
    N’ oublions pas que c’ est principalement l’ œil du photographe qui crée l’ image !
    Le printemps arrive avec ses merveilles, alors profitons – en !
    Francis

    1. Author

      Salut Francis, je suis bien d’accord avec toi. La photo, c’est avant tout du plaisir.
      Pour ma part, je suis assez curieux de voir ce qui va se passer à l’avenir. En effet, j’ai la sensation que la photo redevient progressivement une niche dédiée en raison du coût du matériel et de la facilité de photographier avec un smartphone.
      Cela me fait penser à l’époque de l’argentique. Lorsque seuls les passionnés prenaient le temps et investissaient pour avoir du bon matériel et des résultats intéressants. Cela contraste avec l’explosion de la photo numérique autour de 2010.
      Mais je me trompe peut-être.

  2. Dans mes lectures de ces derniers jours, cherchant à connaître Ruth Bernhard, photographe américaine émigrée d’Allemagne en 1922, j’ai trouvé un excellent article proposé par le critique d’art Léon Michkine, de son vrai nom Fabrice Bothereau, qui montre bien ce qui caractérise la photographie d’auteur et la distingue de la pratique de masse. Cette réflexion permet d’apporter des éléments de réponse à la question posée par Denis : quel devenir pour la photographie avec le développement exponentiel de la production d’images bénéficiant à travers le smartphone de progrès techniques de plus en plus élaborés ?
    https://art-icle.fr/la-photographe-ruth-bernhard-epiphanie-de-laura/
    Ruth Bernhard a traversé le XX ème/s. Née en 1905, elle est décédée en 2006. Son oeuvre est peu connue en Europe sauf des collectionneurs qui s’arrachent ses tirages aux enchères chez Sotheby’s à prix conséquents. Pas ou très peu de publications, quelques catalogues d’expos. A quand une édition soignée de son travail ? L’oeuvre est très dispersée, cela doit être difficile d’en rassembler un contenu éditorial.
    Elle a vécu 101 ans… Pratiquer la photographie peut donc, éventuellement, garantir une authentique longévité !
    Mais de quelle photographie parle-t-on ? That is the question !

    1. Author

      Merci beaucoup Jean-Paul pour ce super partage.
      De quoi méditer en effet sur la place de photographie, mais aussi sur l’âge de la retraite du photographe 😉

  3. En 2023,je dirais que la technique de la photographie se casse la gueule. Des jeunes comme des pépé et mémés, ne voient que par le smartphone ,le gadget qui fait fureur ,dans toutes les poches, ce truc électronique doté d’une I A, qui fait tout tout seul ,qui photographie ,sans aucun réglages ,rien de rien absence totale ,ignorance ,totale pdc balance des blancs ,vitesse ,ouverture ,sensibilité, cadrage regle des tiers focale,mise au point,et j’en passe .Aujourdh ‘ui ,cela a disparu et fait disparaitre les véritables appareils photos .Quel satisfaction de montrer avec sa grande gueule ,une image dont on en est fie r,et disant a des badauds, c’est moi qui ai fait cette belle image.Mai s,c’est faux ,c’est le smart qui a fait l’image ,mais pas le photographe .Aussi si les ordures de fabricants se lancent dans ce contexte c’est pour l’argent ,ils s’en foutent de faire des
    ignorants, car ils mettent au rebus de plus en plus les appareils photos de tous genres efficaces vrais, ou le photographe regarde le viseur, cadre, regle ,ou programme ,avant de déclencher.Si cela continue ,plus besoin de diplomes pour devenir pro avec ces genres de trucs.Un exemple,je suis auteur compositeur interprete,et a la sacem.J’AVAIS PASSE UN EXAMEN ,pour y etre admis .Depuis longtemps c’est fini .Sans aucune connaissance musicale ,vous etes auteur compositeur arrangeur . vous déposez une oeuvre a votre nom ecrite par un vrai compo ,vous demandez a des musiciens des attestations que ce morceau a été joue ou pas ,c’est la signature et inscription sur les programmes qui font foi .Au bout de 6 mois c’est ok et vous payez les frais d’inscription ,vous etes a la sacem.C’est dégueulasse,c’est avoir sa licence dans un paquet de bonnux.Voila le progres.Un prof n’aura plus d’études a a faire si ça continue.Il n’aura qu’a programmer une I A ,peut etre la seule chose qu’il apprendra.Nous avons tous entendu parlé de l’age de la pierre,du fer ,du bronze,et actuellement l’age de la connerie. Si dans quelques siecles ils reste encore quelques rescapés sur notre planete qu’on bouzille ,peut etre on leur apprendra tout ça, si les vestiges d’écrits ne sont pas déformés .Donc idem pour notre passion de la photo ,qu’elle soit ,le plaisir des amateurs ou le gagne pain des pros En tout cas je rigole en re gardant mon smarphone tout concon,sachant que je pourrais déclecher pour faire une image,mis a coté de mon nikon D 6 muni d’un 70/200 NIKKOR F 2,8;Quel serait le CON qui aurait l’idée de balancer ,ce vrai A P N, pour garder uniquement ce smart en qualité d’appareil photo? En connaissez vous ,? Et bien moi AUCUN,


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