Ce billet fait partie de la série « histoire d’une photo ». En effet, j’aime beaucoup l’image dont je vais parler, mais je crois que je n’ai appliqué qu’une seule fois de ma vie la technique qui m’a permis de l’obtenir : la couleur sélective.
Comme toutes les occasions sont bonnes pour me fournir un sujet d’article, nous y voici. 🙂
Le contexte :
Lorsque nous faisons du tourisme, les premières choses qui nous interpellent sont ce qui nous semble exotique, qui participent du folklore du pays dans lequel nous nous rendons. À Londres, il y a par exemple Big Ben, les gardes royaux et les fameuses cabines téléphoniques rouges.
J’ai moi aussi succombé à l’attraction photographiquement irrésistible de ces dernières (oui je suis si faible). 🙂 🙂 🙂
J’ai pris cette photo non loin du British Museum (quand je vous disais que je faisais du tourisme), alors que je prenais un café dans une sorte de boulangerie. J’étais attablé et la scène se développait devant moi à travers la vitre.
Dans un premier temps, mon idée était d’intégrer le panneau de signalisation au premier plan et de l’associer avec la cabine téléphonique en raison de leur analogie chromatique. Cependant, au moment de réaliser mon cadrage, j’ai remarqué le vélo attaché à un poteau de l’autre côté de la rue. C’est à ce moment que j’ai eu l’idée de réaliser une composition tripartite (oui monsieur 🙂 ).
Je disposais ainsi de trois formes géométriques des plus élémentaires de la même couleur : un triangle, deux cercles matérialisés par les roues du vélo et un rectangle.

Le rendu de cette image est caractéristique d’un traitement appelé couleur sélective.
Comme son nom l’indique, il s’agit de désaturer toutes les autres teintes pour n’en laisser qu’une seule. L’idée est de mettre en valeur les objets concernés pas cette couleur. Ce procédé est devenu très à la mode à l’avènement du numérique, dans les années 2005-2010. Il est assez simple, en effet, de réaliser l’opération par l’intermédiaire d’un logiciel de traitement. J’ai toujours trouvé ce procédé trop facile et un peu ringard. Lorsqu’on traite une image de la sorte, on est en effet pas très loin du mauvais goût (enfin, à mon avis 🙂 ).
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Il m’arrive parfois d’utiliser partiellement cette technique en ne désaturant pas systématiquement toutes les autres couleurs, mais en les atténuant plutôt pour un traitement moins radical. Cela donne un résultat plus subtil.
Alors pourquoi ai-je dérogé à ma ligne de conduite (de ne jamais utiliser la couleur sélective) pour ce cliché ?
Je me suis dit que tant qu’à donner dans le cliché, autant y aller à fond. Ici, le rouge se marie particulièrement bien avec le noir et blanc et met l’accent sur l’association de figures géométriques de base.
Et vous, qu’en pensez-vous ? Utilisez-vous ce type de technique ?
À la demande générale, voici la même photo avec les autres couleurs désaturées, mais pas complètement.

Et une autre où seul le rouge est saturé et les autres valeurs de couleurs sont celles de la prise de vue.

Dites-moi la version que vous préférez 🙂 🙂
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