Je suis très heureux de commencer une collaboration avec Tamron France. Cette collaboration consiste en un prêt de matériel. Je précise immédiatement que je ne suis aucunement rémunéré pour ce test. Je garde donc toute mon indépendance. Cela me permet simplement de tester du matériel, sur le terrain, dans ma pratique réelle de photographe.

Pour les utilisateurs de Nikon Z, Tamron est une marque importante. C’est l’un des rares constructeurs sérieux à proposer des alternatives aux optiques Nikon en monture Z. Des objectifs souvent plus abordables, sans pour autant renier sur la qualité.

L’objectif testé ici est le Tamron 90 mm F/2.8 Di III Macro VXD for Nikon Z.

Comme d’habitude, je vous propose un test de photographe, pas de technicien. Il s’agit de mes impressions de terrain. Je n’ai pas fait de mesures sur l’optique. Les mesures, c’est bien, mais rien ne vaut le ressenti d’un professionnel sur le terrain.

Je pratique la macro depuis presque 20 ans. J’ai écrit plusieurs livres sur le sujet. Je pense donc être légitime pour ce test 🙂

Pour ce test terrain, j’ai utilisé le Nikon Z6III. Loin des inventaires techniques, je vous propose surtout des images de qualité, avec une vraie approche artistique. Je n’ai utilisé aucun autre accessoire qu’un boîtier et le Tamron : aucune lumière artificielle, aucun flash, aucun trépied. Tout est pris à main levée.

Si vous êtes intéressé par l’objectif. Merci de passer par ce lien.
Un interrupteur permet de limiter la distance de mise au point pour une meilleur effecacité. De plus un bouton peut être assigné à une fonction que vous définirez. De plus, l’optique intègre un port usb-c pour les mises à jour du micrologiciel

Les caractéristiques du Tamron 90 mm F/2.8 Di III Macro VXD

Voici les principales caractéristiques de l’objectif :

  • Monture testée : Nikon Z
  • Format couvert : plein format
  • Focale : 90 mm
  • Ouverture maximale : f/2,8
  • Ouverture minimale : f/16
  • Rapport de grandissement maximal : 1:1
  • Distance minimale de mise au point : 0,23 m
  • Construction optique : 15 lentilles réparties en 12 groupes
  • Lentilles spéciales : 4 lentilles LD
  • Diaphragme : 12 lamelles
  • Angle de champ : 27°2’
  • Motorisation autofocus : VXD
  • Diamètre de filtre : 67 mm
  • Longueur : 126,5 mm
  • Diamètre maximal : 79,2 mm
  • Poids : environ 640 g en monture Nikon Z
  • Compatibilité : Tamron Lens Utility
  • Pare-soleil : avec fenêtre coulissante pour faciliter l’usage de filtres
  • Protection : construction résistante à l’humidité et traitement fluorine sur la lentille frontale

Ces caractéristiques en font un objectif macro moderne, relativement compact, lumineux, et pensé pour une pratique sérieuse de la macrophotographie.


La focale de 90 mm

Cette longueur focale a le gros avantage d’être très polyvalente.

Je pense surtout aux débutants en macro. En effet, un 90 mm sera souvent plus simple d’utilisation qu’un 105 mm ou une focale plus longue. Il est plus facile de cibler son sujet, de le retrouver dans le viseur, de composer rapidement.

Pour ma part, j’avoue préférer les focales plus longues. J’y suis habitué. J’aime la compression des plans que cela procure. J’aime aussi pouvoir me tenir un peu plus loin du sujet, notamment avec les insectes.

C’est en tout cas l’a priori que j’avais au moment d’utiliser pour la première fois ce Tamron.

Je dois dire que ces appréhensions se sont rapidement dissipées. Les photos de ce test en témoignent, je pense. La focale de 90 mm ne m’a pas empêché de produire des images fortes, douces, graphiques, parfois même spectaculaires.

ISO100 1/200s f/3.5
ISO320 1/160s f4.5

Le bokeh

S’il y a une chose importante au-delà de la netteté de l’optique, c’est bien la qualité du bokeh.

En macro, les arrière-plans comptent énormément. Une image peut être techniquement nette, mais peu intéressante si le fond est dur, brouillon ou trop présent.

Le rendu du Tamron est dans les standards actuels d’un très bon objectif macro. Ces deux photos montrent qu’au centre de l’image, les halos produits sont bien arrondis. Sur les bords, ils s’étirent davantage en forme d’œil de chat.

Pour l’heure, je ne connais pas vraiment d’objectif macro capable de garder des halos parfaitement circulaires jusque dans les coins, surtout à grande ouverture.

Ce Tamron produit donc un bokeh de qualité. Les transitions sont douces, les arrière-plans se dissolvent bien, et le sujet se détache naturellement.

Au centre à pleine ouverture
Dans les coins, le bokeh se modifie légèrement

Le printemps

Au moment où j’ai reçu l’optique, c’était le début du printemps.

Une véritable aubaine.

Les conditions étaient idéales pour un test terrain. La végétation redémarre, les fleurs apparaissent, les insectes commencent à sortir. Pour un photographe macro, c’est évidemment une période assez magique.

J’ai d’abord voulu tester l’objectif avec des sujets statiques.

Quoi de mieux que des fleurs ?

En cette fin avril, il y en a partout. J’apprivoise l’objectif. Je me familiarise avec la focale. Je commence à jouer avec la profondeur de champ, les reflets d’arrière-plan, les couleurs, les masses floues, les compositions simples.

Très vite, je retrouve mes habitudes de terrain.

Je cherche un angle.

Je me baisse.

Je tourne autour du sujet.

Je regarde comment la lumière accroche les pétales.

Le Tamron se fait oublier assez vite. C’est toujours bon signe.


ISO100 1/320s f5

ISO100 1/200s f4.5

Le matin suivant, la rosée s’est déposée sur les feuilles de mon jardin.

Là encore, c’est un sujet parfait pour tester une optique macro. Les gouttes deviennent de petites lentilles naturelles. Elles accrochent la lumière, transforment les arrière-plans, créent des reflets.

À main levée, l’objectif reste agréable. L’ensemble avec le Nikon Z6III est bien équilibré. Je peux travailler librement, sans me sentir gêné par le poids ou l’encombrement.


ISO180 1/100s f4.5

Les petites bêtes

Puis, je me suis intéressé aux petites bêtes qui commencent à s’agiter en ce début de saison chaude.

Un balanin qui se déplace nonchalamment sur un rocher.


ISO100 1/125s f4.2

Une zygène qui se repose dans la glycine.


ISO100 1/500s f4.2

Un hyménoptère qui tente de déployer ses ailes juste après sa métamorphose.


ISO1250 1/250s f8

Ce sont des sujets parfaits pour un vrai test de terrain. Ils ne posent pas. Ils bougent. Ils disparaissent. Ils changent d’orientation. Le vent s’en mêle. La profondeur de champ devient minuscule.

Dans ce contexte, le Tamron 90 mm se montre très agréable.

La mise au point manuelle est l’un des points qui m’a le plus plu. La bague est précise, très souple, vraiment plaisante à utiliser. J’ai adoré.

Cela me change de mon vieux Sigma en monture F, dont la bague de mise au point croustille de manière assez désagréable.

Ici, tout est fluide.

On ajuste.

On déclenche.

On recommence.


Les abeilles

Je me suis ensuite amusé à capturer les abeilles qui viennent butiner quelques fleurs jaunes au fond du jardin.

Les abeilles sont de bons sujets pour tester la réactivité d’un objectif. Elles passent rapidement d’une fleur à l’autre, restent rarement immobiles, changent sans cesse d’orientation.

Associé au Nikon Z6III, l’autofocus du Tamron est très performant. Je l’ai trouvé utilisable jusqu’à des rapports de grandissement élevés, ce qui n’est pas toujours évident en macro.

Je reste souvent attaché à la mise au point manuelle, surtout pour les images très composées. Mais il faut le reconnaître : l’autofocus fonctionne très bien. Il est rapide, précis, silencieux et réellement exploitable sur le terrain.


ISO100 1/400s f4.2

ISO100 1/800s f4.5

Les coccinelles

Puis des points rouge orangé m’interpellent.

Des coccinelles.

Finalement, on n’en rencontre pas toujours. Pas toutes les années. Pas toujours au bon moment. En ce début de printemps, elles semblent toutes neuves. Leurs couleurs sont vives, propres, presque vernies.

J’en prends une délicatement et je la dépose sur les aigrettes d’une fleur de pissenlit fanée.

Ce genre de photo me plaît beaucoup.


ISO100 1/100s f4

ISO100 1/320s f4.2

Plus loin, quelques individus se baladent sur des fleurs rouges. Je les observe. Je prends des clichés. Je m’amuse beaucoup.

Et là, j’oublie que je suis en train de tester un objectif.

C’est très bon signe.

Le Tamron 90 mm se marie parfaitement avec mon boîtier. L’ensemble est léger, sans contrainte, solide. Tout fonctionne. Rien ne gêne. Rien ne ralentit vraiment la prise de vue.

Ce qui m’a le plus plu, encore une fois, c’est cette bague de mise au point. Précise, souple, agréable. Pour ma pratique, c’est un vrai plaisir.


ISO110 1/100s f5.6

ISO100 1/125s f9

ISO450 1/100s f9

ISO360 1/100s f5.6

Les ailes déployées

Finalement, je vois l’une des coccinelles déployer ses ailes.

Je me dis que je peux tenter de faire une photo de cette posture.

Hop, c’est dans la boîte.

Un peu plus loin, une autre recommence.

Je me retrouve avec deux photos de cette scène. Deux images que je n’avais pas vraiment prévues. Deux petits cadeaux de terrain.

C’est aussi pour cela que j’aime la macrophotographie. On part pour tester un objectif, photographier quelques fleurs, quelques insectes, et soudain une scène minuscule devient spectaculaire.

Les couleurs sont parfaites.

Le moment est magique.


ISO180 1/100s f9

ISO400 1/100s f5.6

Conclusion

Vous l’aurez deviné : j’ai adoré utiliser ce Tamron 90 mm F/2.8 Di III Macro VXD.

Pour mon usage, le seul petit bémol serait la focale un peu courte à mon goût. J’ai l’habitude de focales plus longues. J’aime la compression des plans qu’elles procurent et la distance de travail supplémentaire qu’elles permettent.

Mais c’est vraiment une question de goût et d’habitude.

Les photos de ce test montrent bien que cette focale ne m’a aucunement empêché de produire de belles images. Certaines sont même assez spectaculaires. Preuve que je me suis amusé, et que l’objectif ne m’a jamais vraiment gêné.

Pour le reste, tout est très convaincant : la qualité optique, les flous, la fabrication, le piqué, les microcontrastes, l’équilibre sur le boîtier, et surtout cette mise au point manuelle que j’ai adorée.

Je n’ai pas beaucoup parlé de l’autofocus, mais associé au Nikon Z6III, il est très performant. Il reste utilisable jusqu’à des rapports de grandissement élevés.

Je n’ai pas constaté de vignettage gênant. Il y en a un peu aux grandes ouvertures, mais rien de contraignant dans une pratique réelle.

Je n’ai pas non plus observé d’aberrations chromatiques visibles sur mes images.

Le Tamron 90 mm est une grande réussite.

Que vous soyez débutant, photographe intermédiaire ou expert en macro, vous pouvez y aller les yeux fermés.

C’est un objectif sérieux, agréable à utiliser, très bien construit, et capable de produire de très belles images.

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