Une focale polyvalente, lumineuse, avec un vrai caractère optique
Le Nikon NIKKOR Z 35mm f/1.4 vient compléter la gamme Nikon Z avec une proposition claire : une focale emblématique, une grande ouverture, et un rendu qui privilégie l’expressivité à la neutralité absolue.
Le 35 mm est une focale centrale dans la pratique photographique, et l’arrivée d’une version f/1.4 suscite forcément des attentes élevées. Voyons ce que cet objectif a réellement dans le ventre.
Caractéristiques techniques
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Monture | Nikon Z |
| Format | Plein format FX (compatible DX) |
| Focale | 35 mm |
| Ouverture maximale | f/1.4 |
| Ouverture minimale | f/16 |
| Construction optique | 11 éléments en 9 groupes (dont 2 asphériques) |
| Angle de champ | 63° (FX) / 44° (DX) |
| Distance minimale de mise au point | 27 cm |
| Rapport de reproduction maximal | 0,18× (≈ 1:5,5) |
| Diaphragme | 9 lamelles arrondies |
| Autofocus | STM |
| Stabilisation | Non (IBIS boîtier) |
| Diamètre de filtre | 62 mm |
| Dimensions | ≈ 74,5 × 86,5 mm |
| Poids | ≈ 415 g |
| Pare-soleil | Fourni |
Que fait-on avec une focale de 35 mm ?
Le 35 mm est une focale de narration. Elle permet de photographier un sujet dans son contexte, sans tomber dans les déformations d’un grand-angle marqué ni dans l’isolement parfois trop strict d’un 50 ou d’un 85 mm.
- Photo de rue & reportage : immersion, proximité, lecture fluide de la scène.
- Paysage & urbain : compositions équilibrées, sans emphase artificielle.
- Portrait environnemental : le sujet existe, mais le décor raconte aussi quelque chose.
- Vidéo : focale très naturelle, agréable à main levée.
C’est une focale qui oblige à être dans la scène, physiquement et visuellement.
L’intérêt d’une grande ouverture f/1.4
L’ouverture f/1.4 ne sert pas uniquement à faire du flou. Elle apporte :
- Une excellente capacité en basse lumière,
- Une liberté créative sur la profondeur de champ,
- Un rendu plus doux, plus progressif, souvent plus organique.
À pleine ouverture, l’image gagne en relief, avec une séparation sujet/fond très marquée, tout en conservant une lecture cohérente de l’environnement — un point important sur une focale de 35 mm.
Rapport de reproduction : 0,18×
Avec un rapport de 0,18×, ce 35 mm permet des plans rapprochés convaincants, mais sans excès. Ce n’est évidemment pas un objectif macro, mais il autorise une approche du sujet, idéale pour les détails, les textures, la proxy-photo légère ou les scènes intimistes. On est pas au niveau d’autres optiques, mais c’est déjà ça.
À courte distance et à f/1.4, le rendu peut devenir très graphique.
Qualité optique et rendu
Piqué : parfois devant le 35 mm f/1.8 S
Point intéressant : plusieurs tests montrent que le piqué du 35 mm f/1.4 est, dans pas mal de situations, supérieur à celui du 35 mm f/1.8 S, notamment au centre et à certaines ouvertures intermédiaires.
Ce n’est pas systématique sur tout le champ, mais cela remet en question l’idée que le f/1.8 S serait automatiquement plus performant. En pratique, le niveau de détail est très élevé, y compris à pleine ouverture.
Distorsion : plus marquée que la moyenne
C’est l’un des points faibles à connaître.
Contrairement à ce que l’on observe habituellement sur des focales fixes non ultra-grand-angle, le Nikon Z 35 mm f/1.4 présente une distorsion en barillet assez prononcée.
Sur des fichiers RAW non corrigés, certains tests mesurent environ –4,97 % de distorsion, ce qui est élevé pour un 35 mm. À titre de comparaison, le Nikon Z 35 mm f/1.8 S se situe autour de –1,21 %, une valeur beaucoup plus classique.
Dans la pratique, cette distorsion est bien corrigée automatiquement par les profils logiciels, mais elle peut gêner ceux qui travaillent en RAW totalement non corrigé ou sur des images architecturales exigeantes.
Aberrations chromatiques : le point délicat
J’ai lu à droite et à gauche que les aberrations chromatiques étaient bien gérées. Pourtant, cela contraste avec ce que j’ai observé. Les aberrations chromatiques longitudinales sont bien présentes, surtout à f/1.4. Des franges violettes ou vertes apparaissent sur les zones de fort contraste, et elles sont difficiles à supprimer complètement en post-traitement.
En fermant à f/2 ou f/2.8, le phénomène diminue nettement, mais il faut en être conscient.

Flare : bonne maîtrise
À l’inverse, le flare est globalement bien géré. Même en contre-jour, l’objectif conserve un contraste correct, avec peu d’artefacts gênants. Le pare-soleil fait bien son travail et le comportement est rassurant pour une optique aussi lumineuse.
Vignettage
Le vignettage est bien présent aux grande ouvertures. Comme toujours il s’atténue en fermant le diaphragme. Rien de trop discriminant de ce côté.
Autofocus : rien à signaler
L’autofocus est assez rapide sans être extraordinaire, précis et silencieux.
Aucune hésitation notable, aucune nuisance sonore en photo comme en vidéo. C’est un comportement en phase avec les standards actuels de la monture Z.
Bokeh : bon, voire très bon (même si ce n’est pas le but)
On n’achète pas un 35 mm pour le bokeh. Et pourtant…
À f/1.4, le flou est doux, progressif et esthétique. Les halos restent bien circulaires à pleine ouverture, sans formes anguleuses marquées. Le rendu est agréable, naturel, sans excès.
Ce n’est pas un objectif “bokeh monster”, mais pour un 35 mm, le résultat est clairement au-dessus de la moyenne.

Nikon 35 1.4 z vs tamron 35 1.8 VC (monture F)
J’ai un tamron 35 1.8 di VC depuis très longtemps. C’est mon 35mm préféré. Je l’ai toujours trouvé très piqué. Il a l’avantage d’être stabilisé optiquement. De plus son rapport de reproduction maxi en fait un objectif très polyvalent. Je les ai comparé avec mon mur de pierres. Rien de très scientifique, mais cela donne quand même une bonne idée. tous les clichés sont bruts, aucune retouche. Juste un passage par lightroom sans ne toucher aucun paramètre.
à pleine ouverture :
Le résultat du test est sans appel, et j’en suis le premier étonné. Le nikon 35 1.4 est bien meilleur que le Tamron que je tiens pourtant en très haute estime. Et cela, dès 1.4. Je vous épargne les autres ouvertures. Le Tamron rattrape sont retard, mais n’est jamais aussi bon que le Nikon.
En proxi ?
C’est là où le tamron prend l’avantage et permet les très gros plan. Le nikon ne démérite pas et sera suffisant dans 90% des cas :
Nikon 35 f/1.4 z vs nikon 40 f/2
Il est un peu audacieux de comparer ces deux objectifs car un monde les séparent en termes de prix, le nikon 35 1.4 coute plus de deux fois plus cher et permet de laisser environ deux fois plus de lumière. Néanmoins, les focales sont assez équivalentes.
A pleine ouverture, malgré le fait que le 40mm soit déjà fermé à f/2 comparé au f/1.4 du 35mm, le nikon 35mm f/1.4 est très clairement devant au centre et sur les bords.
A f/5.6, les deux optique sont équivalente (très bonnes) au centre. En revanche, étonnamment, le 40mm prend l’avantage sur les bord. Là aussi, c’est une surprise pour moi.
Nikon 35 f/1.4 z vs fuji X100vi
Une comparaison encore plus osée. Une optique f/1.4 plein format comparé au petit compact aps-c (néanmoins très bon). Au moment uo j’écris ces lignes, je n’ai pas encore fait la comparaison. Je pense que le nikon détruit le X100vi sans problème. Voyons cela.
A pleine ouverture, malgré l’ouverture f/1.4, le nikon 35 est bien meilleur aucun doute.
C’est confirmé, le nikon est loin devant à toutes les ouvertures, malgré la plus grande résolution du capteur Fuji.
Comparaison de bokeh
Ce n’est pas une surprise, le bokeh du nikon 35 1.4 est bien meilleur.
Conclusion
Le Nikon Z 35 mm f/1.4 est une optique lumineuse, expressive et assumée.
Il offre un très très beau piqué, un bon autofocus, un bokeh soigné et une bonne gestion du flare. En contrepartie, il faut accepter une distorsion un peu marquée et des aberrations chromatiques visibles à pleine ouverture.
Ce n’est pas un objectif clinique. C’est un objectif de photographe, pensé pour créer des images, raconter des scènes, jouer avec la lumière et la profondeur de champ.
On le trouve actuellement autour de 550 euros tandis que le 35 1.8s est plutôt autour de 750-800 euros. Si vous voulez mon avis, le 1.8s est peut-être plus aboutie optiquement, mais les différences semblent être minimes. Pour ma part, si je devais choisir entre les deux, je prendrais le Nikon 35 1.4 z pour la grande ouverture, et le rapport qualité-prix.
Un excellent 35 mm de caractère, bluffant par son rendu et sa personnalité, qui séduira les photographes férus de grandes ouvertures… et bien au-delà.



























