Il y a quelques semaines encore, je vous expliquais que la macrophotographie ne s’arrêtait pas en hiver.
Que l’on pouvait continuer à photographier, à observer, à chercher.

C’est vrai.

Mais soyons honnêtes.

Le printemps… c’est autre chose.


La végétation redémarre.
Les fleurs apparaissent, d’abord timidement, puis de plus en plus nombreuses.
Les insectes sortent de leur torpeur.

Et les photographes aussi 🙂 😉

Chaque année, c’est la même chose.
Une forme de renaissance.
Une envie presque instinctive de ressortir, de marcher, de regarder.

Pas forcément longtemps.
Parfois une heure suffit.

Mais une heure dehors, à cette période, c’est déjà beaucoup.


Le matériel (simple, efficace, libre)

Pour cette sortie, je suis resté sur une configuration que j’aime beaucoup :

  • Nikon Z6III
  • Sigma 150 mm macro

Je travaille soit à main levée, soit avec une solution que j’utilise avec succès depuis longtemps :
la colonne centrale de mon trépied carbone, utilisée comme un mini monopode.

C’est une approche que je trouve idéale :

  • très souple
  • rapide à mettre en place
  • suffisamment stable
  • sans rigidité

Je peux l’appuyer au sol, ou contre mon corps, selon les situations.

La plupart du teps, je laisse la rotule libre, ou je bloque seulement un axe, selon la situation

Et surtout : je reste mobile.


Pas de lumière artificielle

Je n’utilise jamais de flash.

Pas par dogme, mais par choix.

Je trouve que la lumière artificielle :

  • complique la prise de vue
  • alourdit le matériel
  • rigidifie la pratique
  • et surtout… casse quelque chose dans le ressenti

Je préfère travailler avec ce qui est là.
Avec la lumière du moment.
Avec ses contraintes.

C’est elle qui guide mes images.


Chercher… sans chercher

Je ne pars pas avec une idée précise.

Je marche.
Je regarde.
Je m’arrête.

Un détail.
Une courbe.
Une transparence.
Une vibration dans la lumière.

Et je photographie.


Les images

Ces photos ont été prises lors d’une sortie d’environ une heure.
Ce ne sont pas des chefs-d’œuvre.

Mais elles marquent quelque chose d’important :
le retour au terrain.

Le retour du regard.
Le retour du geste.
Le retour de l’envie.

Z6III 150 mm F/5.6 1/640s 100 ISO

Une fleur d’arbre fruitier isolée, sur fond très doux.

  • Grande ouverture → profondeur de champ très faible
  • Arrière-plan complètement fondu
  • Sujet légèrement décentré

Ce qui fonctionne ici, c’est la courbe de la tige.
Elle guide le regard vers la fleur.

Et surtout, ce cercle flou en arrière-plan qui vient dialoguer avec elle.
On est presque dans quelque chose de graphique.


Ma première rencontre de la sortie est une minuscule araignée sur sa toile.
Un sujet très classique, que j’aime pourtant toujours photographier.

Z6III 150 mm F/4.2 1/4000s 100 ISO

Pour ce premier cliché, je me place en contre-jour.
Je choisis d’intégrer un rayon de lumière qui vient découper une plante à droite du cadre.

À gauche, l’araignée se détache sur un fond uni, beaucoup plus calme.

L’image se construit alors entre ces deux éléments :
la présence discrète de l’araignée et la masse lumineuse.

Z6III 150 mm F/16 1/160s 110 ISO

En tournant autour du sujet, je change légèrement d’angle.

La toile accroche alors la lumière.
Elle devient visible, presque graphique, et surtout elle se met à produire ces irisations.

Choisi de laisser une belle place à la toile sur laquelle le soleil se reflflète.
Quelques centimètres d’approche suffisent pour transformer complètement le rendu.

Ce qui m’intéresse ici, c’est ce que la lumière révèle de la toile.

Après l’araignée, je change complètement de sujet.

Z6III 150 mm F/8 1/160s 180 ISO

Je m’approche d’une fleur avec un petit insecte posé sur le bord.

Je me place de manière à avoir un avant-plan flou qui vient masquer une grande partie de l’image.
Je laisse volontairement cette masse verte prendre beaucoup de place.

Je cadre l’insecte sur le bord de la fleur, en bas à droite, avec beaucoup d’espace autour.

Le but n’est pas de montrer l’insecte en détail,
mais de travailler avec les masses et les zones floues.

L’avant-plan devient presque aussi important que le sujet.

Z6III 150 mm F/8 1/160s 360 ISO

Là, je simplifie encore.

Je profite de la position de l’insecte qui a changée.

Je me rapproche davantage du sujet et je cherche une image plus épurée.

Je place l’insecte en bas à gauche, et je laisse une grande surface vide autour.
Le fond devient un aplat de couleur et se confond avec l’avant plan presque uniforme.

Z6III 150 mm F/3.5 1/160s 320 ISO

Je change de sujet. Cette fleur a du style, et je décide de travailler autour de la courbe de sa tige.

La tige devient une ligne directrice qui traverse l’image et guide le regard jusqu’à la fleur.

Je choisis une profondeur de champ très faible pour simplifier au maximum.
Le fond se transforme en dégradé de couleurs, sans lecture précise.

La mise au point est volontairement limitée à la fleur.
Tout le reste disparaît dans le flou.

Je ne cherche plus à montrer une plante, mais une sensation, presque une présence légère dans l’espace.

Z6III 150 mm F/4 1/200s 100 ISO

Allongé dans l’herbe, mon regard capte une petite marguerite.
Ce qui m’interpelle, c’est ce brin d’herbe qui semble l’encercler à l’arrière-plan.

Une scène très banale, au ras du sol.
C’est justement cette situation qui dicte la composition.

Le nez dans l’herbe, je choisis une contre-plongée pour transformer l’arrière-plan en une surface claire et lumineuse.

Le brin d’herbe devient alors une ligne floue qui entoure la fleur et structure l’image.

Je ne photographie plus une marguerite, mais une relation entre une forme nette et une forme diffuse.

Mon SIGMA à la retraite ?

Mon Sigma m’a fidèlement accompagné pendant plus de 15 ans.
Il commence à accuser son âge — la lentille frontale porte les traces du temps — mais les images qu’il produit restent toujours très bonnes.

Pourtant, je sens que le moment approche.
Aujourd’hui, je dois utiliser une bague d’adaptation pour le monter sur mon boîtier. Ce n’est pas bloquant, mais cela devient une contrainte.

Alors je réfléchis à son successeur.

Trois options se dessinent :
— le Nikon 105 mm f/2.8 Z, que j’ai déjà pu essayer,


— le Tamron 90 mm f/2.8, plus accessible,


— et le Laowa 100 mm f/2.8, capable d’atteindre un rapport 2:1 sans accessoire.

Trois philosophies différentes, trois façons d’aborder la macro.

Je prends le temps de la réflexion.
C’est un achat important, et comme souvent en photographie, le choix dépasse la simple fiche technique.

Je vous partagerai ma décision dans un prochain article 🙂

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