Il est une chose que j’apprécie particulièrement, c’est de me promener en voiture en écoutant de la musique. Avant que les écolos les plus endurcis me tombent dessus, il me semble utile de préciser que je ne pratique pas cette activité quotidiennement, et qu’il y a toujours un but à mon voyage : me rendre sur un lieu de travail, un endroit dans lequel j’ai prévu de faire des images, ou plus simplement pour aller voir ma famille, faire des courses, etc.

Depuis des années maintenant, un appareil photo m’accompagne en permanence. Il n’est pas constamment pendu à mon cou, mais il s’agit de pouvoir en disposer lorsque j’en ai besoin. Et les occasions sont nombreuses : Attente d’un rendez-vous, balade en famille, pause déjeuner, etc.

Lorsqu’on se déplace en voiture, on voit beaucoup de paysages différents, on se rend dans beaucoup de lieux. Pour un photographe, les opportunités de trouver des sujets sont très nombreuses.

Lorsque j’ai aperçu ce village de Provence en contrejour, je me suis arrêté afin de prendre une photo.
D750 85mm F/8 1/4000s 100iso

Bien souvent, lorsque je vois une scène que j’ai envie de photographier, je m’arrête et je descends de la voiture afin d’y consacrer quelques minutes. À l’inverse, il arrive régulièrement que je sois trop pressé et que je saisisse l’occasion qui se présente “à la volée”. Dans ce cas, je m’arrête simplement sur le bas-côté, j’attrape mon boîtier et je prends deux ou trois clichés depuis mon siège. 

Cela pourrait ressembler à de la paresse. Il est vrai que les photographes recommandent généralement de ne pas céder à la facilité. Prendre une photo sans se donner la peine de descendre de son véhicule peut sembler simple, mais il n’en est rien. Lorsque je suis dans cette situation, c’est parce que je n’ai pas vraiment le temps de faire autrement. À mon sens, c’est donc une contrainte. Et cette contrainte est multiple : 

  • Une contrainte de point de vue, car nous n’avons pas le loisir de varier les angles, de tourner autour du sujet afin d’optimiser le cadrage. 
  • Une contrainte d’immédiateté, car par définition le temps que l’on consacre à la prise de vue est très court. 
  • Une contrainte que j’appellerai “d’errance”, car contrairement à beaucoup d’autres circonstances pour lesquelles nous préparons la prise de vue, dans ce cas, nous ne pouvons rien prévoir. Avant de prendre ma voiture, je ne sais pas ce que je vais photographier. Je ne suis même pas certain de sortir mon appareil photo. 
En de rares occasions, il m’arrive de prendre un cliché en roulant. À ne pas reproduire évidemment.
X100F 35mm f/8 1/900s 200iso

De la contrainte naît la créativité. 

Et oui, c’est une rengaine que vous devez connaître. Lorsqu’on s’impose des limites, on doit s’adapter, et de cette adaptation émergent bien souvent de belles idées. Pour moi, la plus grande découverte fut une chose qui aurait pu sembler être une barrière au premier abord : les vitres de la voiture. Ces dernières sont souvent sales (même si on est maniaque), il y a fréquemment des gouttes d’eau ou même du gel. Dans les premiers temps, je baissais la vitre pour prendre un cliché. Progressivement, j’ai commencé à inclure ces “imperfections” dans mes compositions. Comme s’il s’agissait d’un filtre.

  • Les imperfections donnent une texture à l’image. 
  • Les gouttes d’eau créent des halos, des déformations. 
  • Le gel agit un peu de la même manière et filtre la lumière différemment. 
  • La nuit, les lumières artificielles prennent plus d’ampleur. 

Progressivement, j’ai apprivoisé cet environnement et j’ai aimé les résultats que j’ai obtenus. Quelques années après avoir commencé cette pratique, j’ai découvert le travail de Todd Hido, dont beaucoup de photos sont réalisées exactement de la même manière. Son travail est d’une pertinence foudroyante et je vous conseille vivement de vous intéresser à cet artiste.

Je vous propose de poursuivre en image avec quelques clichés pris dans cette situation. 

Les ambiances pluvieuses sont très intéressantes. On est tranquillement assis dans sa voiture et on observe ce qui se passe à l’extérieur.
Z6II 70mm f/13 1/80s 2500iso
Z6II 70mm F/11 1/80s 2500iso
Z6II 150mm F/3.2 1/160s 720iso

D750 44mm F/11 1/200s 4500iso
D750 50mm F/10 1/100s 7200iso
X100s 35mm F/8 1/600s 400iso

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7 commentaires

  1. Bonjour,
    J’ai exactement la même façon de pratiquer, c’est le travail d’un certain Todd hido qui m’a incité à le faire… décidément 😀 l’effet vitre ou pare brise renforce une spontanéité et amène une sorte de vécu qui parle énormément aux personnes qui decouvrent mes prises.
    Très bon article et belles illustrations👍

    1. Author

      Merci beaucoup Hervé. As-tu un site ou une galerie où nous pourrions découvrir tes oeuvres?

  2. Merci, je lis toujours attentivement tes « papiers » et celui-ci m’inspire énormément :-))

    1. Author

      Merci beaucoup Jean-Pierre, cela m’encourage à continuer de partager mes expériences 🙂

  3. Bonjour Denis,
    Un article très intéressant et très inspirant. De belles images qui donnent envie de s’essayer à cette pratique. Merci beaucoup!

  4. Superbe clichés..
    J’adore l’ambiance, les couleurs…
    L’article est très intéressant et comme toujours plein d’apprentissage

    Merci Denis 😀☺️
    Une grande fan…

    1. Author

      Merci beaucoup pou ton commentaire Martine, j’ai hâte de voir tes photos prises depuis ta voiture 🙂

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