Cela fait quelques mois (années?) que ça dure. À chaque fois que je m’intéresse aux nouveautés concernant le matériel photographique, un journaliste, un youtubeur ou un testeur m’explique sans vergogne que le reflex est agonisant. Qu’il serait porteur d’une technologie vieillissante dont l’intérêt serait moindre par rapport aux nouveaux hybrides boostés aux hormones technologiques. 

Étant l’heureux possesseur de deux de ces vieillards ainsi que d’une ribambelle de cailloux me permettant de faire pas mal de choses, ce point de vue redondant m’interpelle et j’en suis venu à me poser la question : ne serais-je plus dans le coup ?

Il est vrai que je ne suis plus de première fraîcheur 🙂 , mais je crois pouvoir dire en toute prétention que je suis dans la force de l’âge à la manière d’un bon vin arrivé à maturité 😉 . 

Alors qu’en est-il de mes reflex ? Je parle de mes appareils,pas de ma capacité corporelle à répondre à un stimulus.

Pour ceux qui ne seraient pas à la page et/ou qui se fichent complètement de connaître le fonctionnement de leur appareil photo préféré, je m’en vais tenter de définir les principales différences entre les deux systèmes : reflex et hybrides.

En premier lieu, il faut sans doute préciser que nous parlons de systèmes à objectif interchangeable (même si certains hybrides peuvent avoir des focales fixes à demeure)

Le reflex tire son nom de sa visée

La lumière entre par l’objectif et par l’intermédiaire de plusieurs réflexions lumineuses arrive jusqu’à l’oculaire . Cette prouesse est possible grâce à un miroir, mais aussi un pentaprisme en toit qui donne sa forme caractéristique à la partie supérieure des reflex. 

En appuyant sur le déclencheur, le miroir se relève, et au lieu d’être dirigée vers l’oculaire, la lumière percute le capteur (ou la pellicule) et l’appareil peut l’enregistrer. 

L’hybride tire son nom du fait qu’il est un peu le chaînon manquant entre un appareil photo compact (espèce en voie de disparition totale au profit des smartphones) et un reflex. En anglais, on les appelle “mirrorless” (sans miroir) qui coïncide à mon sens bien plus avec la réalité. 

La particularité des hybrides est qu’il n’y a pas de miroir donc et que la lumière vient directement sur le capteur. L’appareil photo analyse l’image en direct et la transmet soit à l’écran situé au dos, soit au petit écran localisé derrière l’oculaire : l’evf (electronic viewfinder).

Ces différentes technologies entraînent des avantages selon le système employé : 

Le reflex

  • La visée directe permet d’avoir un rapport plus organique avec ce qu’on photographie.
  • Le système est beaucoup moins gourmand en énergie ce qui permet d’avoir une durée de vie de batterie 3 à 4 fois plus élevée (c’est un très gros avantage en situation de reportage notamment).
  • La robustesse des appareils me semble bien plus aboutie sur les reflex, mais c’est peut-être subjectif.
  • En basse lumière l’autofocus est bien plus efficace qu’avec un hybride.
  • Les reflex existent depuis longtemps, et lorsqu’on a choisi une marque, il suffit de changer uniquement de boîtier pas d’objectif. Le passage à l’hybride implique de changer tout le système (boîtier + objectif). Des adaptateurs existent, mais les performances et l’ergonomie ne sont pas au rendez-vous.

L’hybride

  • Le fait qu’il n’accueille pas un pentaprisme le rend plus compact. Pour les capteurs full frame, cette compacité est toute relative, mais elle existe. 
  • L’analyse de l’image en direct permet de visualiser exactement ce que sera le résultat final de l’image. Ceci est un vrai avantage et permet de rectifier l’exposition et/ou la balance des blancs avant que la photo soit prise. 
  • Le bruit du déclencheur est bien moindre par rapport à un reflex pour lequel on entend le clic-clac du miroir qui se lève et descend. 
  • L’autofocus n’est pas forcément plus rapide, mais il couvre pratiquement toute l’image alors que sur un reflex la mise au point se concentre au centre de l’image. De plus, cette technologie implique que l’appareil peut reconnaître les visages, et faire la mise au point en conséquence automatiquement sur les yeux ou sur un endroit prédéfini. 
  • Les hybrides sont généralement bien plus performants en vidéo grâce notamment à la reconnaissance des visages, mais là on ne parle plus de photo. 

Pour ma part, le seul point de l’hybride qui me fait “rêver” est la compacité. J’adore l’ergonomie de mes reflex. Professionnellement, ce sont des outils extraordinaires. Cependant, lorsqu’il s’agit de les emporter un peu partout ils sont tellement lourds…

J’ai plusieurs fois tenté le coup avec la série des x100 https://33iso.com/index.php/2020/01/14/x100f-meilleur-compact/

car ils ont l’avantage d’être un système tout-en-un si on adhère à la focale de 35mm, mais leurs imperfections m’ont toujours fait revendre les différentes itérations. La dernière mouture le X100V me fait de l’oeil et s’il n’était pas si cher (1500euros, une paille) je me laisserais bien tenter. 

Alors le reflex est mort ou pas ?

Il me semble qu’il ne faut pas enterrer le reflex si vite comme tout le petit monde de l’image s’emploie à le faire. La première raison est que de nombreux pros et amateurs ne sont pas prêts à se débarrasser de toutes leurs optiques à bas prix pour plonger dans un nouveau système. De plus, si les hybrides présentent des avantages indéniables, notamment pour les vidéastes, ils ont aussi beaucoup de défauts. Pour un photographe de mariage par exemple, passer une journée les yeux rivés sur un écran (evf ou liveview) n’est sans doute pas très confortable. L’autonomie est aussi un point sensible. Vous l’aurez compris, pour moi, le reflex est encore bien vivant. 

Pour mon utilisation un hybride constitue une bonne option pour avoir un second boitier. Les plus compacts pourrons nous accompagner lorsque nous n’avons pas envie d’emporter trop de poids.

La vie après la vie ?

Récemment, Nikon a sorti un appareil photo reflex plein format qui pourrait bien représenter une piste pour le renouveau du système reflex. 

Le D780 abrite en effet à la fois la technologie d’un reflex, mais avec la possibilité de l’utiliser presque comme un hybride en liveview (lorsque le miroir est levé). La grande différence avec son homologue sans miroir (le Z6) est qu’il n’a pas du tout d’evf. Dans un futur proche, on verra peut-être un nouveau type de viseur sur les reflex où il sera possible d’alterner entre une visée optique ou électronique. C’est option est déjà disponible chez fujifilm sur la série des x-pro et des x100. 

Le D780 est-il le dernier des mohicans ou le début d’une nouvelle ère des reflex?

Le reflex sera-t-il bientôt mis au rebut comme un vulgaire vestige des anciens faiseurs d’images ou a-t-il encore de beaux jours devant lui ?

Votre avis m’intéresse sur cette question. J’aimerais bien une discussion passionnée sur ce sujet, alors n’hésitez pas à intervenir dans l’espace commentaire. Voyez vous d’autres avantages à utiliser un hybrides?

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4 commentaires

  1. Je pense qu’on a un avis assez proche sur le sujet. 😉

    Je pense aussi que le reflex est loin d’être mort contrairement à ce qu’on peut voir et lire presque partout…

    En formation photo, je reçois des réflexes et des hybrides et à chaque fois qu’il y a un souci, généralement de batterie, ça vient d’un hybride.

    Pour ma part, j’ai aussi écris un article sur le sujet y a quelques mois et j’ai prédis la mort de l’hybride. 🙂

    Je pense que ce que propose Nikon sera la futur de ces boîtiers, des reflex avec certaines avancées des hybrides. 🙂

    1. Author

      Ah… ça me fait plaisir que tu sois d’accord. Je me sens moins seul.
      Je pense que les hybrides ont beaucoup de succès aussi en raison de leurs capacités en vidéo.
      Il y a aussi beaucoup de marketing.
      J’en suis presque venu à me poser la question de basculer progressivement vers l’hybride. Ils sont forts quand même.
      Je suis moins confiant que toi sur la mort de l’hybride (sale bête) 😉

  2. Bonjour Denis,
    N’étant qu’un petit amateur en photographie (mais passionné), je suis assez aligné avec ce commentaire : « ce n’est pas le boitier qui fait de nous de bons photographes… » 🙂
    Avec tout ce que je lis ces derniers temps, nous allons avoir (sous peu) à notre disposition des boitiers qui seront équipés de processeurs à intelligence artificielle… Que restera t il encore de notre démarche créative pure (où nous pouvons travailler sur tous les réglages) ? Et une photo réussie doit-elle être une photo parfaite sous tous les angles ?
    Cela étant, j’apprécie l’hybride sur les aspects suivants : visé EVF = prévisualisation du rendu final, absence de bruit de l’obturateur dans certaines circonstances, compacité/légèreté du boitier et IBIS. Mais du travail reste à faire sur l’AF (surtout en basse lumière) et l’autonomie. cela étant, je suis possesseur d’un Nikon Z6 et j’en suis ravi. La vidéo ne m’intéresse pas, même si ce dernier bénéficie d’excellente fonctionnalités.
    Par contre, j’aime le réflex pour sa robustesse et sa visée par pentaprisme (surtout si celui-ci est d’excellente qualité comme sur mon D850/D4S). Sans parler de son autonomie et de la précision de l’AF en basse lumière.
    Enfin un dernier point important, pouvoir investir dans une marque qui pérennise son parc optique, car j’ai quelques cailloux dont j’aurais du mal à me défaire et sur ce volet je suis comblé (pour le moment).

    1. Author

      Salut Jean-Michel,
      Merci pour ton commentaire 🙂
      Je suis bien d’accord, c’est le photographe le plus important, pas l’appareil comme certains voudraient qu’on le pense.
      Pour l’evf, je ne suis pas du tout convaincu, mais chacun son avis.
      Le z6 est intéressant. Cependant pour la photo il manque encore d’arguments.
      Il paraît qu’ils y a un z9 en préparation plus orienté photographe pro.
      On verra ce que ça donne…

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