Depuis mes premiers pas en photographie, j’ai toujours eu des boîtiers de la marque Nikon. Il ne s’agit certainement pas d’une relation affective, mais les boîtiers que j’ai pu acheter m’ont toujours donné satisfaction concernant l’ergonomie et les performances.

J’ai cependant fait quelques infidélités à la marque jaune pour un modèle de la marque Fuji qui m’a régulièrement fait de l’oeil.

Avertissement : 

Dans cet article, je ne vais pas revenir sur l’ensemble des caractéristiques des boîtiers, elles sont disponibles partout sur le net. L’idée est de donner mes impressions concernant la série des compacts X100 à travers mon expérience d’utilisateur. Bonne lecture. 

ooohhh joli….

Le X100 est non seulement beau, mais il attise aussi le fantasme du photographe en proposant l’intégralité des réglages de l’exposition accessible sous les doigts, modulable par l’intermédiaire de molettes métalliques pour la sensibilité et la vitesse d’obturation ou directement sur l’objectif pour l’ouverture. Cela lui donne un côté très organique comparé à un reflex qui se concentre (presque) uniquement sur la performance et le confort d’utilisation. Le fantasme est aussi alimenté par le fait qu’un reflex peut être très lourd et très encombrant tandis qu’un X100 peut (presque) se glisser dans une poche. 

L’idée du fabricant était donc assez simple : proposer un appareil compact doté d’une focale fixe tout en ne faisant pas de concessions sur la qualité d’image. Le look a contribué grandement au succès du boîtier. Fujifilm a compris que les photographes aimaient autant la performance que la sensation qu’ils ont lorsqu’ils photographient. Et s’ils peuvent avoir les deux… c’est parfait.

Les caractéristiques communes à l’ensemble des versions sont : 
  • Une focale fixe de 23mm f/2 ( 35mm en équivalent plein format). L’objectif n’a jamais changé.
  • Un viseur étonnant avec la possibilité de switcher entre une visée optique et une visée électronique (evf).
  • Un style de boîtier quasiment identique pour tous les modèles faisant la part belle à une esthétique rétro et une ergonomie ludique.
  • Un capteur de taille aps-c dont la technologie et la définition varie selon la version. 
  • Un obturateur particulier agissant comme un iris (leaf shutter) qui permet d’atteindre des vitesses d’obturation en synchro flash jusqu’à 1/4000s (pour les reflex la synchro s’arrête souvent à “seulement” 1/250s nativement)
  • Un prix exorbitant (entre 1200 et 1400 euros). C’est le prix de certains reflex plein format ou d’un reflex aps-c avec plusieurs objectifs. Pour un appareil avec la limitation de ne pas pouvoir changer d’objectif… c’est très très cher. 

Le X100

La première version du X100 a été dévoilée lors de la Photokina 2010. Il a fait l’effet d’une petite bombe dans le milieu de la photographie.

Pour la première itération, le capteur utilisé était un CMOS de 12 Mpx identique à ce que l’on pouvait trouver dans un Nikon d300 ou un Nikon d90. Je dois dire que j’avais beaucoup apprécié l’expérience, mais je l’ai revendu au bout de quelques jours pour une raison : la lenteur.

X100 200Iso 1/160s f/2.8

La lenteur à l’allumage, car il fallait attendre trois bonnes secondes avant de pouvoir faire une photo. Mais aussi la lenteur pour la mise au point. Et là c’était un vrai calvaire. La mise au point manuelle est très délicate sur ces boîtiers, du coup il ne reste que l’autofocus.

Pour cette première version, c’était hooorrrribbbleeeemmmmmeeeennnttt lent. En basse lumière, c’était encore pire. Je l’ai donc revendu après quelques jours. 

Une vue en gros plan, les couleurs sont agréables, mais le manque de netteté se fait sentir.
X100 1250Iso 1/60s f/2

Le X100s

Pourquoi je l’ai acheté ?

La deuxième version m’a longtemps fait de l’oeil. J’avais lu que l’autofocus s’était franchement amélioré. Et puis, Fuji avait doté ses boîtiers d’un tout nouveau capteur numérique. Lui aussi au format aps-c avec 16 Mpx, mais avec une nouvelle technologie. Sans rentrer dans les détails, les photosites sont répartis différemment que sur un capteur classique : ils l’ont appelé le “x-trans sensor”. C’était alléchant et j’ai fini par craquer. L’expérience était bien plus aboutie que sur le premier X100.

L’autofocus était encore un peu lent, mais je ressentais une nette amélioration. Le bon point des appareils de Fuji est l’attention qu’ils portent à la couleur.

Il y a quelque chose de POP dans les images produites nativement. En basse lumière, l’effet est (pour moi) un peu moins séduisant.

La science des couleurs de Fuji est vraiment aboutie.
X100s 400Iso 1/680s f/2.8

Pourquoi je l’ai revendu ?

La durée de vie de la batterie est assez faible : autour de 300 clics si on ne sollicite pas trop l’écran. Rapidement, on ressent donc le besoin d’acheter d’autres accus. Ce n’est pas très grave puisqu’on peut en trouver à bon prix, mais c’est un peu embêtant.  

Un autre défaut dont je n’ai pas encore parlé est que l’objectif des X100 est globalement assez bon… sauf aux grandes ouvertures.

En réalité sa qualité est variable selon la distance de mise au point. En gros plan le piqué n’est pas au rendez vous tandis qu’à quelques mètres il est excellent. Pour l’exercice du portrait c’est un peu gênant.

le flare de l’optique du X100s est parfois très agréable
X100s 200Iso 1/340s f/4
X100s 400Iso 1/110s f/8
Le X100 aux grandes ouvertures, ça ne pique pas assez 🙂

Du coup on utilise beaucoup moins l’effet bokeh. Attention, je n’ai pas dit qu’on ne pouvait pas obtenir un flou d’arrière-plan. On peut, mais cela ne se fait pas sans compromis : avoir une photo moins nette ou fermer le diaphragme et, du coup obtenir un flou moins séduisant.

En conséquence, on a le sentiment que l’ouverture de f/2 n’est pas totalement exploitable et pour un appareil de ce prix, ça pique un peu (ou pas assez si vous voyez ce que je veux dire). 

Je l’utilisais donc de moins en moins. Finalement j’ai décidé de le revendre… une fois de plus.

Le X100t

Je n’ai pas possédé ce boîtier qui était la troisième proposition de Fuji pour le concept. 

X100s 400Iso 1/250s f/8
X100s 500Iso 1/60s f/8

Le X100f  

Voici donc la dernière version en date, plus pour longtemps puisque Fujifilm prévoit de remplacer son boîtier fétiche durant l’année 2020. Cela faisait quelques années que je n’avais pas songé à acheter à nouveau un appareil de la série X100F. J’étais passé à côté du X100t, ce dernier étant très proche du X100s.

Mais petit à petit, mon intérêt pour ce concept s’est ravivé. J’ai commencé à me renseigner pour savoir ce que le X100F avait dans le ventre. Et j’ai pensé assez rapidement que, cette fois, c’était la bonne.

hmmmm…

Pourquoi je l’ai acheté ?

Si j’ai acheté une fois de plus le X100f c’est qu’une fois de plus la promesse était belle. Les tests que j’avais pu lire argumentaient (encore) en faveur d’une réactivité inégalée.

Le capteur avait évolué avec une résolution d’environ 24Mpx, qui représente probablement la définition idéale pour la plupart des photographes. L’ergonomie a légèrement changé avec une molette débrayable pour ajuster la sensibilité et la vitesse d’obturation. L’apparition d’un joystick pour, notamment, déplacer la zone d’autofocus. La connectivité wifi était apparu avec le X100t. La batterie avait une capacité plus importante. Ces petits ajouts n’ont l’air de rien, mais c’est dans les détails que se joue une bonne ou une mauvaise expérience à l’utilisation. 

x100f 200Iso 1/2s f/8

Voilà, c’était la promesse, j’ai donc craqué une fois de plus et je dois dire que cette fois, j’ai été vraiment séduit. Finalement, le boîtier est devenu performant et réactif.

ATTENTION, ce n’est pas non plus foudroyant, mais les lenteurs éventuelles ne gênent pas trop l’expérience contrairement aux modèles précédents. Le seul bémol, pour moi, est à l’allumage. Il y a encore un laps de temps qui peut parfois être agaçant. Sinon, l’autofocus répond bien et je n’ai pas noté de frustration particulière sur ce point. C’est une vraie réussite. On a envie de l’utiliser encore et encore. Et le facteur plaisir est vraiment au rendez-vous. 

X100f 200Iso 1/20s f/8

L’expérience est très bonne, et ce qui ressort le plus, c’est l’envie de l’utiliser en toutes circonstances. Rien que pour ça, le pari est gagné.

Pour tous les x100 que j’ai eu, j’ai toujours vascillé entre l’amour et l’énervement. Pour le x100F la copie est proche de la réussite totale.

Le fait d’avoir une focale fixe de 35mm et rien d’autre n’est pas une contrainte à partir du moment où on l’accepte (ce qu’on fait forcément au moment de l’achat).

D’ailleurs, j’utilise le X100f comme un boîtier complémentaire de mes reflex. Lorsque je n’avais pas envie d’être trop encombré, c’est lui que j’emportais avec moi.

X100f 400Iso 1/100s f/8

Quelques points négatifs subsistent pour moi (il n’y pas d’appareil parfait) :

En premier lieu, il n’est pas tropicalisé et est relativement fragile. Si l’on n’y prend pas garde, des rayures apparaissent très rapidement sur le boîtier.

J’ai une pratique plutôt tout terrain et j’aime particulièrement  photographier en contexte naturel, du coup, cela me pose un problème.

Le problème des limitations de l’objectif aux grandes ouvertures, déjà évoquées plus haut,  persiste sur le X100f. À la longue, c’était gênant pour moi 🙁

Sexy….

Il y a un dernier point que je n’ai pas encore évoqué : le post traitement.

En tant que photographe professionnel, j’ai mis en place des “routines” pour le traitement des images. Je photographie systématiquement en Raw et j’utilise Lightroom pour le développement.

Le problème est qu’en raison de la singularité des capteurs X-trans, des problèmes se posent lorsqu’on veut accentuer la netteté des images (même légèrement).

Cela produit une esthétique assez désagréable connu sous le nom de worms effect (l’effet vers) et ce n’est pas très esthétique.

En condition de visionnage normal, on ne perçoit pas le souci (ouf 🙂 ), mais parfois on le ressent quand même (aie 🙁 ).

Le problème sera surtout visible si on recadre fortement ou si on tire nos photos en grand format (60 x 90 par exemple), ce que beaucoup de photographe ne font jamais.

Le fameux « worms effect » en bas, comparé à une accentuation de netteté sur un capteur classique, en haut. Le zoom est de 400% et en condition de visionnage réel on ne perçoit pas le « problème ».

Il y a des solutions, en procédant différemment sous lightroom ou en utilisant un autre logiciel comme Iridient ou Capture One (je l’ai essayé avec un succès modéré). Cependant, lorsqu’on doit traiter des centaines d’images il nous faut de la réactivité.

Jongler avec les réglages et/ou les logiciels n’est vraiment pas agréable.

La dynamique est bonne, mais pas extraordinaire.

En effet, si les performances liées à la sensibilité sont bluffantes pour un petit capteur, la dynamique l’est un peu moins. Quand on a l’habitude de pouvoir récupérer les nuances dans les hautes et les basses lumières assez facilement, sans que l’image ne se dégrade trop, c’est un peu gênant. Le X100f s’en sort bien sur ce point, mais il n’est pas à la hauteur de ses concurrents plein format. C’est bien normal, mais du coup, je suis parfois un peu déçu.

En conclusion

 Le X100f est, n’en doutons pas, un très bon appareil photo.

Ses limitations intrinsèques (focale fixe notamment) font qu’il nous incite à considérer la photographie sous un autre angle :). On se concentre sur le cadrage plutôt que sur le matériel et le choix de focale le plus adapté. Sa compacité et son ergonomie engendrent beaucoup de plaisir lors des séances de prise de vue, et ça c’est déjà beaucoup. 

J’ai aimé l’utiliser pour ça : avoir un appareil enthousiasmant, toujours à portée de main avec une superbe qualité d’image, c’est un vrai plus.

Néanmoins quelques frustrations subsistent pour moi.

Si pour certains, il est l’appareil photo idéal, des points comme la qualité de l’objectif ou le développement des Raw sont, pour moi encore à améliorer.

Mon X100f idéal
  • un objectif plus piqué aux grandes ouvertures
  • une focale de 40 ou 45mm, car pour moi 35mm est un peu court comme objectif à « tout faire »
  • un capteur d’une technologie classique (évitant ainsi le worm effect) en plein format (ben oui pourquoi pas ?)
  • une compacité et ergonomie identique au X100f
  • une dynamique plus performante.
  • Encore plus de réactivité à l’allumage et un AF foudroyant.

Et vous quel est votre x100 de rêve ?

Quelle a été votre expérience avec ces boîtiers ?

X100f 200Iso 1/400s f/2.2
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13 commentaires

  1. Le x100 de mes rêves ? Mais un Olympus Pen f bien sûr 😉 Il est beau, sexy, on peut lui coller des pancakes qui le rendent minuscule et plus classe que lui, on ne trouve pas. Et surtout, les noirs et blancs de la mollette créative n’ont pas d’égal…

    1. Author

      Je dois avouer que je connais peu l’olympus Pen f.
      Je suis allé voir les specs et le seul bémol pour moi serait le format de capteur. Je préfère largement l’aps-c 3/2.
      Enfin c’est du détail, il faudra que je l’essaie 🙂 🙂
      Merci pour ton avis Mikaël

  2. bonjour
    en résumé c est plus le coté compacité et ergonomie qui plait au gens ( je pense ) . j ai essayé l aventure  » compact  » et j en suis un peu déçu , rien ne vaut un reflex que l on a bien en main , une bonne optique de qualité et les résultats suivent : une image correct et une bonne profondeur de champ .
    par contre je trouve que l exercice de photographier au compact demande plus de rigueur et d application , voila cela reste bien sur que mon avis personnel ! Mikaël , je te laisse tous les olympus de la planète ! je garde mon reflex !!!!!

    1. Author

      Il est vrai que le fait d’avoir un compact toujours avec soi est une idée séduisante pour les photographes.
      C’et vrai aussi que quand on a l’habitude d’une super qualité d’image, il est difficile de faire des compromis.
      Je crois quand même que les hybrides ont de beaux jours devant eux.
      Merci Nicolas pour ton message 🙂 🙂

  3. J’ai un x100 premier du nom et je fais avec. C’est certain qu’il et un peu frustrant en reportage mais il est plaisant discret et j’arrive à composer avec. j’ai le x100f depuis peu, je l’ai déjà revendu 1 fois sans doute parce qu’il n’était pas ce que j’attendais à ce moment-là., le X100 était suffisant comme appareil occasionnel. Mais j’y suis revenue… Il m’avait manqué…. pas d’objectif à emporter en plus, discrétion assurée, agréable à utiliser et à regarder… Avec en plus l’avantage de booster la créativité avec une unique focale. Quand je n’aime pas m’encombrer (ce qui est bien souvent le cas) il est du voyage et en permanence dans mon sac.

    1. Author

      J’ai un peu eu la même expérience que toi. J’aime surtout le côté compact et le fait qu’on ne change pas d’objectif… Néanmoins il y a toujours quelque chose d’un peu agaçant dans ces boîtiers (pour moi en tout cas). C’est surement ce qui fait le charme des x100 🙂 🙂 😉

  4. bonjour
    je rebondis sur ce que vient de dire nathalia et me pose la question : est ce qu une focale fixe peut booster ma créativité ? n est ce pas un prétexte de vente ?
    avec une focale de 35 mm a part isoler mon sujet en m approchant pour lui donner plus de masse visuel , je ne vois pas comment être plus créatif ? limite ai je besoin d une focale ou d un appareil photo pour être créatif ?
    je pense que la créativité est liée a ta culture photographique ( ouvres des livres , regardes des vidéos va voir des expos ) . et puis laisse le charme agir ……….

    1. Author

      Il y a peut-être un prétexte de vente c’est vrai.

      Je comprends cependant ce que veut dire Nathalia. Lorsqu’on a un système complet avec plusieurs focales pour pouvoir un peu tout faire, on a tendance à se poser beaucoup de questions, à se demander quels objectifs choisir et emporter.
      De plus lorsqu’on utilise un zoom, cela invite souvent à une sorte de paresse (pas toujours hein 🙂 ). On a l’impression de pouvoir un peu tout faire en zoomant ou en dézoomant. Le fait d’avoir une seule focale créé une contrainte et cette contrainte entraîne une recherche de solution. De là peut naître de la créativité 🙂 🙂 Mais ce n’est pas la seule solution bien sûr

  5. bonjour
    je digresse un peu mais je suis tombé sur des vidéos de anne laure jacquart sur YouTube . elle explique son processus de créativité basé sur la composition : enrichir/soustraire/altérer son sujet .. tout cela sans évoquer un choix de focale définie …..et j ai trouvé cela fort intéressant !! voila pour tous ceux qui se sentent un peu en manque de créativité , n hésites pas a allez jeter un petit coup d œil sur ces superbes vidéos .

    1. Author

      Salut, évidemment la créativité n’a rien à voir avec la focale utilisée je suis bien d’accord avec ça. L’appareil photo est un outil, pas une finalité. On en discute, mais ce n’est pas l’appareil fait une bonne photo, c’est le ou la photographe. Le fait de n’avoir qu’un seul objectif permet justement de ne plus penser au matériel et de se concentrer sur la photo. Cela peut être un exercice intéressant. Certains photographes (Cartier bresson, Plossu et beaucoup d’autres) se sont limités à une seule focale (50mm) pour ne plus avoir à y penser et en on fait une composante de leur style. Après, personne n’est obligé de faire ça, même ponctuellement : on est libre 🙂

  6. Je suis aussi depuis de nombreuses années un fidèle de la marque jaune (D4S, D750, D850 et Z6). Mais je viens de me laisser séduire par un Ricoh GR III pour la photo de rue : un excellent appareil, compact et réactif, idéal pour avoir en permanence un appareil dans sa poche avec une fonction SNAP dès plus pratique !

    1. Author

      Bonjour JM, je n’ai jamais essayé les ricoh GR, ça à l’air très sympa. Un peu la même philosophie que les x100. Ce qui m’embête, c’est la focale fixe de 28mm. Un peu trop large pour moi.
      Merci pour ton commentaire


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