Un mail qu’un lecteur m’a récemment envoyé m’a donné l’idée d’écrire un article sur ce sujet. Il me demandait quel modèle de trépied serait le meilleur selon moi. Après lui avoir indiqué celui que j’ai en ma possession, je lui ai aussi dit que je ne l’utilisais que très peu, voici pourquoi.

La photographie en gros plan est une discipline exigeante qui requiert de la méthode et de la rigueur. À des rapports de grandissement élevés, il devient de plus en plus délicat de trouver la lumière nécessaire (ce thème fera d’ailleurs l’objet d’un autre article) et de garder son boîtier assez stable pour éviter les flous de bougé.

Le trépied

Lorsque nous nous rendons compte de ce problème, nous avons alors tout de suite l’envie irrépressible d’utiliser un trépied. Outre le gain de stabilité, il nous permet aussi de réaliser une mise au point aux petits oignons et si vous êtes adepte du gros plan, vous en connaissez la difficulté. Pourtant, lorsqu’on l’utilise en photographie rapprochée le trépied ne s’avère pas forcément adapté à tous les sujets.

Un trépied dédié à la macro en action !

En effet, installer un trépied prend « un certain temps ». Pour photographier une fleur ou un autre végétal, cela ne posera pas de problème. Il faudra seulement prendre garde d’utiliser un trépied adapté qui permette de pouvoir positionner son boîtier à seulement quelques centimètres du sol.

Une rose ne bouge pas (et oui on en apprend tous les jours)
Du coup on a largement le temps de la photogrphier en très gros plan.
Nikon d800, sigma 150mm, 1000Iso, 1/500s, f/7.1

Mais si on veut photographier des petits animaux comme les arthropodes, lézards ou autres batraciens, le recours au trépied est moins simple.

Une magnifique araignée saltique en plein soleil.
Ce sujet est particulièrement exigeant en raison de sa petite taille.
Nikon D300, tamron 90mm, 400Iso, 1/125s, f/7.1

Mettons nous en situation : je me promène tranquillement avec mon boîtier sur lequel est monté mon objectif macro préféré. Soudain, je repère un superbe papillon posé sur une fleur en train de butiner. Je me fais le plus discret possible, je saisis mon trépied accroché sur le côté de mon sac, je commence à le déplier (à ce stade, si le papillon est toujours là je suis chanceux), mais lorsque je le pose au sol à proximité de l’animal (on parle de photo en gros plan quand même), celui-ci s’envole immédiatement. Cette situation peut s’avérer très frustrante, croyez-moi. Une solution (qui requiert la patience d’un moine bouddhiste) est de se poster près d’une fleur et d’attendre qu’un papillon vienne s’y poser.

J’ai photographié ce magnifique papillon à la tombée du jour, c’est pourquoi j’ai eu tout le loisir d’ajuster mon cadrage. En effet, le soir les animaux sont beaucoup moins actifs. Connaître leur comportement permet de mieux les immortaliser.
Nikon d700 sigma 150mm + tc1.4x, 200Iso, 1/400s, f/10

La solution du monopode

L’utilisation d’un monopode est une option très intéressante. Il faudra bien sûr qu’il ne soit pas trop grand pour pouvoir être proche du sol. J’utilise très souvent ce moyen de stabilisation. La plupart du temps, je ne bloque pas la rotule au maximum pour pouvoir changer d’angle de vue rapidement. Cela me permet d’être assez stable pour éviter les flous et me donne quand même de la souplesse. Si vous n’avez pas de monopode, il est possible de sortir la colonne centrale d’un trépied afin de l’utiliser comme tel. C’est l’option que j’ai le plus utilisée et elle fournit de très bons résultats. Vous pouvez aussi laisser fixer le monopode au boîtier, car il a l’avantage d’être léger et peu encombrant.

Un criquet photographié avec un monopode. J’ai utilisé un objectif macro ainsi que des bagues allonges pour arriver au très gros plan.
Nikon d800 sigma 150mm, 3200Iso, 1/320s, f/9
Un caloptéryx
Nikon d800 sigma 150mm, 2200Iso, 1/250s f/6.3

Gagner sa liberté, à main levée

À la longue, j’en ai eu assez de me promener avec des accessoires (trépied, monopodes, flashs…). Le plaisir que je trouve dans la photographie rapprochée est d’observer la nature et j’ai fini par me dire que je n’avais finalement besoin que d’un boîtier et d’un objectif. J’ai donc laissé tout le reste à la maison. Il m’a donc fallu trouver des solutions pour gagner de la stabilité, car le problème du manque de lumière se posait toujours. J’ai donc commencé à utiliser des éléments présents dans la nature. J’ai trouvé des appuis sur le sol, des cailloux, des branches ou sur mon sac à dos (lorsque j’en avais un). À force de pratique, j’ai finalement réussi à me passer d’accessoire.

Si l’utilisation d’un trépied est la ceinture blanche du photographe macro, le monopode la ceinture verte…se passer de ces dispositifs s’apparente à être ceinture noire, et à devenir un vrai ninja.

Pas de trépied ni monopode pour cette image. En revanche, j’étais à plat ventre pour obtenir un angle en contreplongée.
Mantis religiosa
Nikon D800, sigma 150mm, 200Iso, 1/640s, f/3.3
Pour cette photo et les suivantes, on note une différence de style, plus de trépied, de monopode et uniquement une lumière naturelle. Le style change et il faut trouver des solutions pour éclairer la scène. Mais ça je vous parlerai une autre fois…
Coccinelle à sept points.
Nikon d800 sigma 150mm, 900Iso, 1/320, f/5

En effet, sur le papier, cela paraît simple, mais il faut passer pas mal de temps pour obtenir de bons résultats. De plus, il y a une vraie concession à cette pratique : la difficulté à accéder au très gros plan. En réalité lorsque je me promène sans trépied ou monopode je réalise plutôt des prises de vue en proxi. Les sujets ont donc un grandissement moins important donc. Cela ne me pose aucun problème, car j’accorde beaucoup plus d’importance à l’atmosphère d’une photo plutôt qu’au fait de saisir les détails en très très gros plan, mais ce n’est peut-être pas le cas de tout le monde.

Une araignée pisaure à travers les herbes
Nikon D700 sigma 150mm, 800Iso, 1/500s f/4
Des gouttes d’eau
Nikon D800, sigma 150mm, 640Iso 1/3200s, f/3.5

D’ailleurs, quel est votre avis sur le sujet ? Comment trouvez vous le moyen d’éviter les flous de bougé ? L’utilisation d’un trépied ou d’un monopode ? Le recours au flash ? Aux lumières LED ? Ou un peu de tout ça ? J’attends vos anecdotes et impressions en commentaire.

Si le sujet vous intéresse, vous trouverez plein d’infos et de conseils dans mon livre «Les secrets de la macro créative » paru aux éditions Eyrolles.

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4 commentaires

  1. Allez je me jette à l’eau. Pour la macro, je m’habille en mode jardinage et pour éviter les flous de bougé, je suis souvent assis en tailleur, ce qui permet de s’appuyer sur les jambes. Je suis souvent allongé aussi sur le ventre pour les vues en contre plongée. Je protège aussi mon reflex avec une coque afin de le poser sur des cailloux. Merci Dénis pour cet article ! Fred

    1. Author

      Oui, merci de ton commentaire frédéric. C’est aussi la « technique » que j’utilise le plus souvent : la technique du « j’me couche dans l’herbe »… quel bonheur 🙂 😉

  2. Effectivement, le trépied pour les fleurs et les plantes, ça joue. Pour le reste, je trouve que les très longues focales (par exemple un 300mm en micro 4/3) donnent d’excellents résultats à main levée, mais comme tu le dis, ce n’est plus de la macro. J’ai joué aussi récemment avec des flashs cobra et des dômes diffuseurs (genre Gary Fong) et ce n’est pas si mal que ça.

    1. Author

      Il m’arrive aussi de faire de la proxi au Nikon 300mm f/4. Cet objectif permet d’obtenir un grandissement honorable.
      La lumière artificielle, c’est très bien et on maîtrise parfaitement le process. Moi, ce qui me gêne, c’est l’encombrement et le temps de mise en place, mais c’est mon avis personnel.
      Je testerai prochainement des lumières led, qui peuvent être un bon compromis. La lumière en photo gros plan fera aussi l’objet d’un article 🙂

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